De mon enfance au Port du Légué dans les Cotes d’Armor, je retiens le gout du sel, l’odeur de la marée et de la vase, les hangars et les tas de sable sur les quais, les bateaux qui passent là au bout de la jetée de St Laurent, les filets qui craquent au soleil, des petits cailloux et des bois flottés usés par les vagues et ramassés dans la poche puisque si doux !

Je me rappelle aussi les assemblages d’émerillons et autres matériels de pêche que je fabriquais derrière la caisse du magasin d’accastillage de mes parents quand l’été je travaillais pour eux.

Plus tard, j’ai voyagé en voilier aux Antilles, aux îles Grenadines ou à la réserve des Roques au large du Venezuela.

Tout ceci s’entremêle pour une série de peintures à l’huile, dessins et volumes que j’intitule Pêcheries

Paysages marins, îles et mangroves, voiliers à l’ancre, barques, horizons lointains , cabanes de pêcheurs, nasses et filets , bouées de casiers, ciels calmes ou tourmentés…plusieurs centaines de peintures vont être peintes. (Ci-dessus les dernières toiles disponibles)

Pour mes Pêcheries, j’utilise tour à tour l’huile , mais aussi le coton crocheté, la nacre, le papier ainsi que ce que j’ai sous la main : du lin, des boutons, du matériel de pêche ( cuillers et hameçon, émerillons…) , des choses récupérées le long des plages.

 

Nasses aux nacres – 1600 boutons de nacre cousus avec du fil de jute en provenance de la fabrique de filets Larrieu à Bordeaux. Une nasse est un contenant sélectif, elle laisse passer les indésirables pour ne garder que l’essentiel. Ma vieille nasse, desséchée par les vents, est colonisée par des nacres et fils de jute, comme un écosystème complet.

Equinoxe, coton, papier, laine feutrée , oeuvre évolutive depuis 2016 (actuellement environ 300x250cm)  

Filet poétique ( installation), taille variable en 2d ( environ300x160cm) ou en 3d ( environ 250x60cm)  Mon filet est un dispositif flottant joyeux qui concentre en certains points origamis et autres poèmes de Paule Elisabeth Oddéro.

En 2014,  Paule-Elisabeth Oddéro me fait la joie de travailler tout comme moi sur ce thème.

Les Pêcheries, c’est pour Paule-Elisabeth Oddéro le lieu où se rejoignent Bretagne et Provence. C’est l’écriture d’un drame enfoui en elle depuis l’enfance – à Monaco auprès d’un père pêcheur, qui une nuit a noyé son chien Garibaldi. Nos travaux se croisent, rebondissent les uns sur les autres, certains de ses mots résonnent très fort en moi, et de son côté, mes peintures ou mes volumes l’inspirent. En deux ans, elle écrit ainsi tout un recueil. J’y vois pour ma part son enfance à Monaco « ivre de sel » , la cuisine où elle décrit les filets remaillés par son père, la falaise « contre courant vertige » de Roquebrune Cap Martin, et les couleurs  « c’est le bleu, c’est le vert d’une mer étoilée » , « le jaune des oursins » etc … Tant et tant de délicatesse dans ses descriptions, tant de choses enfouies en elle que l’on croit deviner à force de la lire , mais qui resteront mystères.

Janvier 2018, retour de Martinique où résident mes parents, j’ai beaucoup photographié les paysages, et plus particulièrement les nasses que les pêcheurs utilisent là bas, et de retour à l’atelier, je m’attache à peindre de petits formats s’y rapportant.

En préparation de mon exposition solo en Espagne à l’automne 2018,  je sélectionne des photographies prises 4 ans plus tôt au Port de Javea. Je me rends bien compte des liens entre les couleurs, objets sur ces photos et mon travail durant cette période. Ce pourrait-il que tout découle de ces prises de vue ?

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